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Les exportations horlogères suisses chutent de 7,3% en novembre : un coup dur pour l’industrie

Une baisse marquée des exportations horlogères

Les exportations de montres suisses ont enregistré une diminution significative de 7,3% en novembre 2024, atteignant 2,2 milliards de francs. Cette contraction s’inscrit dans une tendance préoccupante pour l’industrie horlogère helvétique, avec un cumul annuel des exportations depuis janvier qui s’établit à 23,4 milliards de francs, soit un recul de 2,2% par rapport à l’année précédente. La Fédération de l’industrie horlogère suisse a souligné que cette baisse s’est même accentuée lors du mois de novembre.

L’effondrement du marché américain : un choc majeur

Le marché américain, traditionnellement le plus important débouché pour l’horlogerie suisse, a connu un effondrement spectaculaire avec une chute de 52,3% des exportations en novembre. Cette dégringolade fait suite à l’imposition de droits de douane américains qui ont bouleversé le secteur. L’année 2024 aura été particulièrement tumultueuse, débutant en avril avec les annonces de Donald Trump lors du “Liberation Day”, en plein salon horloger de Genève.

Face à ces mesures douanières, les horlogers suisses avaient tenté d’anticiper en constituant des stocks importants aux États-Unis avant leur entrée en vigueur, provoquant des pics d’exportations en avril et juillet. Cependant, l’imposition en août de droits de douane de 39% par Washington a sonné le glas de cette stratégie, entraînant des baisses consécutives de 23,9% en août, 55,6% en septembre et 46,8% en octobre. Bien qu’un projet d’accord ait été obtenu mi-novembre pour ramener ces droits à 15%, les dégâts sont déjà considérables.

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Des performances contrastées selon les marchés

Si le marché américain s’est effondré, d’autres marchés clés affichent également des résultats décevants. La Chine, déjà en perte de vitesse depuis plusieurs mois, a enregistré un recul de 3,2% des exportations horlogères suisses en novembre. Le Japon n’a pas été épargné avec une baisse de 4,1%.

En revanche, certains marchés offrent une lueur d’espoir : Hong Kong a progressé de 3,1% et le Royaume-Uni, plus gros marché horloger européen, a affiché une croissance encourageante de 7,9%. Ces performances positives restent toutefois insuffisantes pour compenser les pertes enregistrées sur les marchés majeurs.

Un impact social inquiétant sur l’emploi

La crise touche désormais directement les travailleurs du secteur. Selon la Convention patronale de l’industrie horlogère suisse, l’industrie a perdu 835 postes en un an, employant désormais 64’807 personnes en Suisse, soit un recul de 1,3%. Il s’agit de la première baisse des effectifs depuis la période post-Covid, marquant un tournant préoccupant pour le secteur.

L’organisation patronale se montre particulièrement prudente pour l’avenir, notant qu’à fin novembre, plus d’un quart des entreprises horlogères avaient déjà recours au chômage partiel. Cette situation laisse présager des difficultés persistantes pour 2026 si la conjoncture ne s’améliore pas rapidement.

Le canton de Neuchâtel particulièrement exposé à la crise

Le canton de Neuchâtel, véritable berceau de l’horlogerie suisse, se trouve en première ligne face à cette tourmente économique. Avec une économie historiquement et structurellement liée à l’industrie horlogère, Neuchâtel affiche une dépendance particulièrement forte à la santé de ce secteur. De nombreuses manufactures prestigieuses, des ateliers spécialisés et des entreprises de sous-traitance horlogère sont concentrés sur ce territoire, faisant de l’horlogerie un pilier central de l’emploi cantonal.

Cette exposition rend le tissu économique neuchâtelois particulièrement vulnérable aux fluctuations du marché horloger. La baisse actuelle des exportations et le recours croissant au chômage partiel risquent d’avoir des répercussions significatives sur l’emploi local, le pouvoir d’achat des ménages et les recettes fiscales cantonales. Les autorités neuchâteloises suivent donc avec une attention particulière l’évolution de cette crise, conscientes que le ralentissement du secteur horloger pourrait avoir des effets d’entraînement sur l’ensemble de l’économie régionale, des fournisseurs aux prestataires de services gravitant autour de cette industrie emblématique.

Des perspectives incertaines pour 2026

L’industrie horlogère suisse traverse une période de turbulences sans précédent depuis la crise du Covid-19. Entre les droits de douane américains, le ralentissement chinois et les défis géopolitiques mondiaux, les horlogers helvétiques doivent faire preuve de résilience et d’adaptation. L’accord récent avec Washington constitue une première étape encourageante, mais le chemin vers la reprise s’annonce long et semé d’embûches. La capacité du secteur à diversifier ses marchés et à maintenir son excellence tout en contrôlant ses coûts sera déterminante pour surmonter cette épreuve et préserver les emplois, particulièrement dans les régions comme Neuchâtel où l’horlogerie constitue l’épine dorsale de l’économie locale.

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