Suisse peope Achat de cadeaux Foot Genève Vaud Lausanne Valais Sion Neuchâtel Contact

Suisse blog: Suisse buzz » Eglise » Le prêtre a utilisé son arme militaire

Réaction:

C’est choquant que l’on fasse de ce curé un martyr et un saint»

Les hommages appuyés après le décès de l’ex-curé de Vevey choquent les proches d’une victime. L’une d’elles tient à rétablir la vérité, malgré la sympathie populaire dont bénéficiait le prêtre.

«Je suis scandalisée de voir comment on déforme les choses… C’est les victimes qui deviennent les méchants.» Solange* s’exprime avec indignation. Elle est une proche d’Alain*, l’ancien servant de messe de la paroisse Saint-Pierre, à Fribourg, sur lequel Paul-André Piller a commis des abus sexuels dans les années 1980. A cette époque, Paul-André Piller n’était pas encore prêtre. «C’est vrai, mais Alain avait 13 ans et son abuseur en avait 22.» On est loin d’une «amourette avec un jeune de 17 ans» dont certaines sources ont fait état. Le Matin Dimanche précisait bien, le 6 janvier dernier, que l’enfant de choeur abusé n’était pas âgé de plus de 13 ans. Saisie par une plainte d’Alain en 2001, la justice fribourgeoise a ouvert une enquête, qui s’est achevée sur un non-lieu en décembre de la même année.

Paul-André Piller avait alors reconnu avoir abusé à deux reprises d’Alain. Ce dernier disait que les abus avaient duré deux ans. Mais les faits étaient déjà prescrits en 2001. L’ordonnance précise aussi que Paul-André Piller a eu des relations sexuelles avec un autre jeune homme, âgé de 17 à 18 ans, qui souffrait de troubles psychiques. Cela s’est passé à Fribourg, au milieu des années 1990. Paul-André Piller était déjà prêtre, il venait d’être nommé à Vevey. Prévenu «d’actes d’ordres sexuels avec des personnes dépendantes», le curé a bénéficié d’un non-lieu pour prescription. Lors de la perquisition à son domicile à Vevey, en 2001, la police a trouvé deux DVD de films pornographiques mettant en scène des jeunes éphèbes asiatiques. Ce matériel ne tombait pas sous le coup de la loi, car «il n’a pas été possible de déterminer l’âge des acteurs», précise l’ordonnance. Dans un entretien accordé en 2001 à l’agence de presse APIC, Alain disait son amertume, son dégoût, combien il avait ressenti cette prescription «comme une agression supplémentaire. (…) Marre que moi, la victime, je me sente encore sali, humilié, broyé.» Incapable de se fixer dans un domicile ou un travail, Alain a aujourd’hui disparu de la circulation. Ses proches affirment ne l’avoir pas revu depuis deux ans. Le suicide de Paul-André Piller est un événement «terrible, admet Solange. Je pense aussi à sa famille, à sa mère qui souffre, mais on voudrait gommer le passé, ce n’est pas possible. Voyez le blog que ses amis ont ouvert.» Le site http://paulon.romandie.com se présente en effet comme un livre d’or tout à la gloire du défunt. «Si Alain était là, il réagirait assez mal», pense Solange.


Médias sur la sellette

Les proches de Paul-André Piller ont parfois rendu les médias responsables de son suicide, les assimilant au blog d’un privé neuchâtelois, aujourd’hui fermé. «Poursuivi par cette horde de journalistes dont il sentait le souffle», le défunt aurait été «poussé peu à peu à ce geste fatal», a dit son beau-frère à l’enterrement. L’abbé Paul Frochaux, à Vevey, a lui aussi défendu le défunt avec force, parlant de «matraquage» et de «persécutions» (24 heures du 12 février). Il ne veut plus s’exprimer sur le sujet: «C’est le moment d’arrêter. La messe de trentième, dimanche passé, était un moment serein et triste. laissez-nous en paix, je n’ai rien d’autre à vous dire.» A Fribourg, Solange prend acte de la popularité dont jouit le prêtre défunt. Elle se demande si elle reverra un jour Alain. «Il se demandait souvent à quoi cela avait servi qu’il dénonce son agresseur. Beaucoup de gens lui en voulaient à lui… Un comble!»

Extrait du document de paroisse: (http://www.cath-ne.ch/d2wfiles/document/343/8102/0/16.3.pdf). 

Abbé PAUL-ANDRE PILLER PRECISIONS En 2001, alors qu’il est curé de Vevey, l’abbé Piller est dénoncé à la justice par un homme qui estime avoir été victime d’actes sexuels condamnables. Cette plainte concernait une liaison amoureuse de jeunesse que l’abbé Piller, alors âgé d’une vingtaine d’années et avant d’entrer au séminaire, avait eu avec un garçon de 16-17 ans. Malgré les affirmations de la presse de jeudi révélant une seconde plainte qui concernerait des actes sexuels sur un garçon de 12 ans, ni l’abbé Piller, ni l’évêché n’ont jamais fait allusion à une deuxième affaire. Après le dépôt de la plainte la police a mené son enquête et n’a constaté aucun comportement répréhensible durant les 20 années qui ont suivi les faits incriminés. Saisie, la justice a rendu un non-lieu du fait de la prescription. A l’époque, la presse vaudoise a été mise au courant et le plaignant s’est expliqué dans les médias. L’abbé Piller lui n’a jamais pu présenter publiquement sa version des faits, comme il l’aurait souhaité, l’autorité diocésaine lui ayant toujours demandé une grande réserve. Depuis lors, l’abbé Piller a quitté son poste à Vevey. Pendant quatre années il a connu le chômage et a fait différents petits boulots. Durant cette période il a fait un important travail tant psychologique que spirituel. Ce travail a été sanctionné par deux psychiatres qui ont conclu que le comportement de l’abbé Piller ne comportait aucun risque. A partir de là, l’évêque a considéré qu’il pouvait reprendre le ministère en paroisse : il a été en stage chez nous depuis Pâques 2005 avant d’être nommé par l’évêque curé au sein d’une équipe pastorale placée sous ma responsabilité. Par acquis de conscience, cette nomination s’est faite avec une mesure de prudence destinée à prévenir toute critique : l’abbé Piller n’assurait aucune activité en lien avec les enfants, les adolescents et les jeunes. De plus je peux vous assurer que, à Neuchâtel, l’abbé Piller n’a hébergé aucun jeune à la cure et n’a pas entretenu de liens étroits avec des jeunes dans le cadre de son ministère. En conclusion, je dirai que je me suis retrouvé devant une situation très complexe, où il fallait tenir compte des directives de l’autorité de l’Eglise, des intérêts de l’abbé Piller et en plus de son souci de ne pas provoquer le plaignant. J’ai le sentiment d’un terrible gâchis qu’on aurait pu éviter si on s’y était pris autrement, en particulier en agissant avec davantage de transparence dès le départ. Abbé Philippe Baudet, curé modérateur

ancien article:

Dans ses fonctions, le prêtre n’était pas en contact avec les enfants. [RSR]
Le prêtre fribourgeois qui s’est donné la mort dimanche à Neuchâtel a utilisé son arme militaire. Agé de 45 ans, il s’est tiré une balle en plein coeur. Le Conseil de la presse va analyser le rôle des médias dans cette affaire.

Le prêtre, dont les funérailles auront lieu mercredi à Neuchâtel, s’est tiré une balle en plein coeur, a expliqué mardi Pascal Luthi, porte-parole de la police cantonale neuchâteloise, confirmant une information du « Matin ». Le prêtre ne supportait plus la pression médiatique. Il n’en pouvait plus de se sentir traqué, a précisé de son côté le vicariat de Neuchâtel. Il a laissé une lettre dénonçant la pression médiatique.
Après un blog contre lui
La semaine dernière, son cas avait fait l’objet de plusieurs articles dans la presse. Un blog sur Internet avait également lancé une « traque » invitant à découvrir l’identité de cet homme d’église. L’ecclésiastique ne faisait l’objet d’aucune enquête de police, a précisé le porte-parole de la police.

En 2001, il avait été dénoncé pour une affaire d’abus sexuels remontant aux années 80. Le dossier avait été classé par la justice fribourgeoise en raison de la prescription. Suivi médicalement, le prêtre était très encadré par sa hiérarchie et était tenu à l’écart des enfants. Ses funérailles auront lieu mercredi à l’église rouge de Neuchâtel.
Mgr Genoud réagit
Mgr Genoud, présent mardi soir sur le plateau de l’émission Infrarouge de la TSR, était manifestement « triste et choqué » par le suicide du prêtre qui n’a pas supporté la pression médiatique ayant fait ressurgir des faits anciens et les soupçons (lire encadré). « Je ne pourrai même pas assister à son enterrement car je dois suivre une chimiothérapie mercredi », a regretté Mgr Genoud.

A la question du journaliste Michel Zendali, « En voulez-vous à la presse? », l’évêque a répondu: « Je ne lui en veux pas, mais je lui dit, ça suffit, la rumeur tue ». « Ce n’est pas la rumeur qui tue, mais le secret », a répliqué Me Poncet.

ap/ats/hof/sun

Mots-clés : , , , , , , , , , ,

Best of Vidéos

Vidéos fun

© 2008 Blog du canton de Neuchâtel · Subscribe:PostsComments · Designed by Theme Junkie · Powered by WordPress